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Former des infirmières cries

03 juillet, 2012

Eeyou Istchee a besoin d’infirmières. Il manque au moins 100 infirmières pour fournir des soins de santé dans les neuf communautés cries et la demande ne cesse de croître. Par conséquent, il y a quatre ans de cela, le Conseil Cri de la santé, en collaboration avec la Commission scolaire crie, le développement des ressources humaines cries, le centre d’études collégiales à Chibougamau (affilié au Cégep de Saint-Félicien), a lancé un programme de soins infirmiers spécifiquement conçus pour les étudiantes cries.

Le programme, basé à Chibougamau, a ouvert ses portes au premier groupe d’étudiantes en 2008 et en juin de cette année, les onze étudiantes qui ont réussi le programme ont fièrement obtenu un diplôme d’études collégiales en soins infirmiers. Au cours des prochains mois, elles passeront leurs examens finaux pour l’Ordre des infirmières et infirmiers afin d’obtenir leur permis d’exercer au Québec, puis les nouvelles infirmières travailleront deux ans dans un hôpital, se familiarisant avec des défis variés reliés aux soins de la santé.

Le programme de Chibougamau est spécifiquement conçu pour préparer les étudiantes cries aux demandes professionnelles spécifiques auxquelles elles devront faire face. En plus des travaux pour les cours et de la formation reçue dans le nouveau laboratoire de soins infirmiers de pointe du Centre, le seul dans le nord du Québec, les étudiantes apprendront également par l’entremise d’une expérience de travail à l’hôpital de Chibougamau, où plusieurs ont travaillé, et d’un internat auprès des hôpitaux du Centre universitaire de santé McGill (par exemple, les membres de la classe de diplômées du printemps ont effectué leur internat à l’Hôpital général juif de Montréal et au centre hospitalier de St. Mary). À Chibougamau, les étudiantes en soins infirmiers ont offert des soins aux patients cris dans leur propre langue. En effet, étant donné que certaines communautés cries n’ont pas de médecin résident, les infirmières ont donc un rôle plus vaste à jouer, assumant de nombreuses tâches que les médecins accomplissent normalement dans les plus grandes communautés ou dans un contexte hospitalier. Elles doivent être prêtes à faire face à toutes les situations. Les petites communautés présentent également d’autres défis : tout le monde se connaît, alors prendre soin des membres de sa famille, de ses amis et de ses connaissances apporte son lot de préoccupations.

Le programme vise également à atténuer certaines difficultés qui découlent du déplacement des communautés d’origine ou, dans certains cas, du défi d’étudier à temps plein tout en continuant de s’occuper de sa famille. Ce programme se distingue par le fait qu’il s’étend sur quatre années au lieu des trois années habituelles. Le rythme adapté permet d’alléger la charge des étudiantes qui pourraient devoir s’occuper de leurs enfants, et au cours du premier trimestre, elles peuvent également suivre les cours prérequis du secondaire 5, dont des cours de chimie et de sciences physiques, au besoin. En outre, les conseillers et enseignants du programme offrent du soutien qui porte non seulement sur les questions académiques, mais aussi sur les préoccupations personnelles. Par exemple, elles peuvent recevoir de l’aide pour trouver un appartement, une gardienne et une garderie.

Le programme de soins infirmiers a accueilli son deuxième groupe d’étudiantes en 2010 et un troisième est prévu bientôt. Les infirmières qui obtiennent leur diplôme en soins infirmiers et qui entrent dans le système des soins de santé apporteront une approche authentiquement crie aux soins de santé.

Pour de plus amples renseignements, communiquez avec 
Carole Tremblay
conseillère pédagogique
Centre d’études collégiales à Chibougamau
748-3903, poste 226
http://www.cec-chibougamau.qc.ca/ [1]

PHOTO : Assises, à partir de la gauche : Theresa Bosum, Sylvie Grignon, infirmière à l’hôpital de Chibougamau et enseignante en soins infirmiers au Centre d’études collégiales à Chibougamau, Sonia Bosum. Debout, à partir de la gauche : Sandra Shecapio, Anika Vachon et Joyce Certosini. Source : http://www.jgh.ca/fr/EtudiantsCriesSoinsInfirmiers